Guignol sur la place, et moi qui croyais que les marionnettes ne m'atteindraient plus. Le monde entier rit autour de moi et j'oublie que je suis venue seule. Tu veux rire avec moi, toi ?
Guignol sur la place, et moi qui croyais que les marionnettes ne m'atteindraient plus. Le monde entier rit autour de moi et j'oublie que je suis venue seule. Tu veux rire avec moi, toi ?
Demain le soleil se laisse dévorer — et moi je serai là-haut, à regarder le jour se déshabiller comme on enlève un mensonge. Tu viens voir le ciel avec moi ?
Le cinéma en plein air de l'Institut Lumière — je suis venue seule, avec une pêche et un livre que je ne lirai pas. Le film raconte une histoire d'amour mais c'est la lumière sur la pelouse qui me désarme. Tu t'assieds à côté de moi, toi ?
Les Nuits des Étoiles — et moi qui ne dors jamais quand le ciel décide de se montrer. Je suis allée jusqu'à Fourvière sans y penser, et là-haut il y avait des inconnus avec des lunettes d'approche, et moi avec rien qu'une robe et mes yeux. On a regardé la même étoile sans se parler. Tu aurais levé la tête avec moi, toi ?
Le vinyle tourne encore mais je n'écoute plus — certaines chansons finissent plus bas que les oreilles, et celle-ci m'a prise tout entière. Tu veux savoir laquelle ?
Quelqu'un lit Duras à voix haute dans le jardin du musée — et les mots tombent sur moi comme la lumière, par endroits, sans prévenir. La robe n'a pas tenu longtemps sous ce soleil. Tu restes pour la suite ?
J'ai marché toute la nuit sans but — les pavés, puis les quais, puis le fleuve qui m'a arrêtée nette. Le jour me trouve là, en robe trop fine, les pieds nus sur la pierre encore tiède de la ville. Tu aurais marché avec moi, toi ?
Je suis rentrée d'un spectacle en plein air qui parlait d'amour et de libido — et maintenant ce sont les mots d'un autre qui me déshabillent, pas mes propres mains. Tu aurais dû être là pour me raccompagner, toi ?
Je corrigeais un texte sur le désir — et puis le mien a décidé de se rappeler à moi. Les pages sont par terre maintenant, et je n'ai pas envie de les ramasser. Tu veux lire la suite, toi ?
Lundi, huit heures, le café est encore à moi — les chaises retournées sur les tables, la lumière qui entre de travers, et cette robe trop fine pour une journée qui va monter à trente-huit. Je verse le premier café pour personne, et je le bois lentement. Tu en veux un, toi ?