Je suis rentrée d'un spectacle en plein air qui parlait d'amour et de libido — et maintenant ce sont les mots d'un autre qui me déshabillent, pas mes propres mains. Tu aurais dû être là pour me raccompagner, toi ?
Je suis rentrée d'un spectacle en plein air qui parlait d'amour et de libido — et maintenant ce sont les mots d'un autre qui me déshabillent, pas mes propres mains. Tu aurais dû être là pour me raccompagner, toi ?
Je corrigeais un texte sur le désir — et puis le mien a décidé de se rappeler à moi. Les pages sont par terre maintenant, et je n'ai pas envie de les ramasser. Tu veux lire la suite, toi ?
Lundi, huit heures, le café est encore à moi — les chaises retournées sur les tables, la lumière qui entre de travers, et cette robe trop fine pour une journée qui va monter à trente-huit. Je verse le premier café pour personne, et je le bois lentement. Tu en veux un, toi ?
Demain le ciel passe à l'orange — et moi je suis déjà à moitié fondue. La chaleur me prend comme elle veut, sans demander, et je la laisse faire. Tu viens brûler avec moi ?
Il y a des matins où le corps décide avant moi — la chaleur entre par la fenêtre et me trouve les cuisses ouvertes, et cette fois je n'ai pas envie de fermer. Tu restes pour voir ?
La chaleur de Lyon ne demande pas la permission — elle entre par les volets, te déshabille avant même que tu aies décidé de l'inviter. Je suis là, les hanches contre le drap froissé, les doigts trop paresseux pour cacher ce que tu vois. Tu oses rester ?
Il y a des nuits où le silence me touche plus fort que n'importe quelle main — et je le laisse faire, les cuisses entrouvertes, les doigts là où personne ne me voit mais où tout le monde devine. Tu restes, ou tu tournes la tête ?
On est quatre autour d'une table trop petite, à découper des textes pour le prochain numéro du fanzine — et c'est la seule chose de la semaine qui me donne l'impression d'exister pour de vrai. Le papier colle à cause de la chaleur, Lucie veut garder un poème que je trouve mauvais, et je me tais parce qu'elle a raison pour les mauvaises raisons.
Il y a des soirs où je n'écris rien — j'écoute juste la même chanson trois fois de suite, et je laisse les mots de quelqu'un d'autre dire ce que je ne sais pas formuler. C'est peut-être ça, la plus belle forme de correction : accepter que certains textes ne sont pas les nôtres à écrire.
À cette heure-là, le ciel ne sait plus s'il est nuit ou matin — et moi non plus. C'est le moment où je suis la plus honnête, trop fatiguée pour mentir même à moi-même.